Sergio Toppi
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Sergio Toppi

Né en 1932. Décédé en 2012. Italie.

Thèmes :
  • Roman graphique
  • Historique
  • Fantastique
  • Les incontournables

Éclater les codes de la bande dessinée

Sergio Toppi (1932-2012) est une figure majeure de la bande dessinée italienne : artiste autodidacte, il apprend à dessiner en observant le monde autour de lui, et ne vient à la bande dessinée qu'à l'adolescence lorsqu'il découvre l'œuvre sombre de Dino Battaglia ; un artiste qui deviendra, avec Hugo Pratt, un ami et un modèle. Il fait ses débuts chez Mondadori avec l'Enciclopedia dei ragazzi (1953), puis dans les studios d'animation Pagot de Milan. Sa première bande dessinée, Il Mago Zurlì, ne sera publiée qu'en 1960 dans Il Corriere dei Piccoli.

Pendant des années, il produit de nombreuses œuvres : adaptations de romans, histoires saintes**,** ou illustrations didactiques pour la presse jeunesse chrétienne. Mais ce travail alimentaire ne le satisfait pas : c'est dans les nouvelles revues italiennes de la fin des années 1960 qu'il trouve un vrai espace de liberté créative (Linus, Alter Alter, Sgt Kirk, Corto Maltese, Orient Express). Refusant de se contraindre au « gaufrier » classique de la bande dessinée, il développe, dès les années 1970, une narration plus fluide, tout en verticalité, où l'image unique prime sur la succession des vignettes. Ces expérimentations graphiques l'amènent à développer une technique de couleur directe à l'aquarelle où il forge sa signature chromatique dominée par le violet, le bleu et le vert.

En France, il se fait d'abord remarquer par sa participation à L'Histoire de France en BD (Larousse) et à la collection « Un homme, une aventure », avant d'être traduit chez Dargaud (L'Homme du Nil, L'Homme du Mexique, L'Homme des marais, 1978-1979). Mais c'est à Michel Jans qu'il doit sa reconnaissance en France : animateur de la petite structure grenobloise Mosquito, il le contacte au milieu des années 1990. De cette collaboration naîtront ses œuvres les plus célébrées : le cycle du Collectionneur (1998-2000), puis le monumental Sharaz-De à l'automne 2000, aussitôt réédité après un accueil critique unanime. Consécration patrimoniale, ses planches figureront à l'exposition « Les maîtres de la bande dessinée européenne » à la Bibliothèque nationale puis au Musée de la bande dessinée d'Angoulême, où une grande rétrospective lui est consacrée en 2008. Maître absolu du noir et blanc, il laisse une œuvre où chaque page se contemple comme une tapisserie graphique autant qu'elle se lit.

Sergio Toppi a une place unique dans la bande dessinée italienne autant pour sa mise en page libre, décorative que pour son style pictural inspiré par l'art médiéval comme par l'Art nouveau. [...] Avec son dessin à la plume musical et rythmé, Sergio Toppi demeure un modèle d'audace graphique. En 1975, son œuvre lui a valu le Yellow Kid, la plus haute distinction italienne pour la BD. 

Didier Pasamonik

Toppi aux enchères

©Toppi, Mosquito

En 2025, un nouveau record mondial est établi pour la couverture du Collectionneur, Le Sceptre de Muiredeagh (T.2). 

SERGIO TOPPI
LE COLLECTIONNEUR
Le Sceptre de Muiredeagh (T.2), Mosquito 2004
Couverture originale pour la réédition de l'album. Signée
Encre de Chine, encres de couleurs et rehauts de gouache blanche sur papier
 

Adjugée en 2025 : 8 152 €

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