Marcel Gottlieb, dit Gotlib (1934 – 2016), est un auteur majeur de la bande dessinée franco-belge. Il est connu pour ses histoires humoristiques comme Gai-Luron, Les Dingodossiers, La Rubrique-à-brac, SuperDupont. À la fois dessinateur et scénariste de talent, il a travaillé avec des auteurs prestigieux tels que Franquin, Goscinny, Alexis, Uderzo, Lob et Mandryka. Après une scolarité sans histoire, il étudie les Arts appliqués le soir, parallèlement à un travail de comptable. Après plusieurs travaux dans divers magazines, il se lance à l’assaut du magazine Pilote dans lequel il rêve de travailler. C’est suite-à une première histoire publiée dans le magazine que Goscinny lui propose de travailler avec lui sur les Dingodossiers. En 1968 il travaille sur la Rubrique-à-brac, continuité des Dingodossiers, après que Goscinny, dépassé par le succès d’Astérix, lui demande de continuer sans lui. En 1970, il scénarise Les Clopinettes et Cinémastock, dessiné par Mandryka. C’est avec ce dernier et Claire Bretécher qu'il fonde le journal L'Écho des savanes en 1972. Gotlib lance également sa propre revue en 1975, Fluide glacial avec Alexis et Jacques Diament. La même année il est fait chevalier des Arts et des Lettres puis chevalier de la Légion d'honneur. Gotlib aura également fait des incursions dans le théâtre (Superdupont par Jérôme Savary) et le cinéma (Les Vécés étaient fermés de l’intérieur de Patrice Leconte avec Coluche et Jean Rochefort). En 1991, il est récompensé du Grand Prix du Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême pour l’ensemble de son œuvre.
René Goscinny avait pour coutume d'observer les mœurs de ses contemporains avec « un petit décalage ». Les Dingodossiers s'inscrivent dans la même approche : c'est un manuel du gai savoir constitué, comme l'écrit Goscinny, « sans documentation, et avec l'aide de collaborateurs ignorant tout de la question ». Ici, l'idée est tout à fait swiftienne : prêter aux adultes des comportements d'enfants. C'est que Gotlib comme Goscinny l'ont bien compris : ils s'adressent à la part d'enfance qui reste tapie en chacun de nous.