L'autre génie de l'école de Marcinelle
Jean Roba fréquente dès l'âge de dix ans les cours du soir de l'École des Arts Décoratifs de Molenbeek avant de se tourner vers la gravure, l'imprimerie et la retouche photographique. Il fini par s’orienter vers l'illustration publicitaire et devient rapidement ched de studio. Lors d’une soirée en compagnie de Peyo, il fait la rencontre d’André Franquin. La relation entre les deux hommes sera durable et marquera définitivement l’entrée de Roba dans le 9e Art : Franquin l'introduit aux Éditions Dupuis en 1957 où il collabore sur les histoires de L'Oncle Paul. Appréciant d’emblée sa patte graphique, il lui apprend les ficelles du métier et fait appelle à son talent dès 1958 pour assurer les décors de trois épisodes de Spirou et Fantasio (Les Hommes-bulles, Tembo Tabou, Les Petits Formats). Le 24 décembre 1959, avec la participation de Rosy, il crée sa série phare, Boule et Bill dans les pages de Spirou : un gamin en salopette bleue et son cocker espiègle, inspirés de son fils et de son chien. La série, pensée comme un Peanuts européen, s'impose rapidement en couverture de Spirou pendant plus de vingt-cinq ans. En parallèle, il lance La Ribambelle en grands récits (sur un scénario de Vicq puis de Tillieux) et crée la petite fille « Pomme » pour le mensuel Record en 1962. Récompensé du prix Saint-Michel du meilleur dessin humoristique en 1971 et du prix du meilleur album comique étranger à Angoulême en 1978 pour Ras le Bill !, il signe 28 albums avant de passer le relais en 2003 à son assistant Laurent Verron. La série dépasse aujourd'hui les vingt-cinq millions d'albums vendus en France et en Belgique.
Je crois que chaque dessinateur est dans son petit monde. Je suis peut-être un naïf mais j'aime mon rêve et cette naïveté en moi. Je trouve qu'il manque des gens naïfs. Le monde manque de gens gentils !
Jean Roba
Sur le plan visuel, Roba fait preuve d’une maîtrise absolue, tant dans ses décors — lui seul est capable de dessiner les feuilles des arbres de cette manière — que dans l’animation de ses personnages. Les différentes expressions de Bill, les réactions de chaque client du restaurant, le charme bon enfant du chef… L’ensemble de l’œuvre est d’une fluidité remarquable.
Didier Pasamonik
Crédits :
©Robas, Dupuis (bannière)