Jean-Claude Mézières est né en 1938 à Paris. En 1944, il fait la connaissance Pierre Christin avec qui il noue une solide amitié. Les deux garçons se découvrent une passion commune pour la science-fiction et les bandes dessinées. Plus motivé par le dessin que par l'enseignement scolaire classique, Jean-Claude Mézières intègre en 1954 l'école des Arts appliqués à l'industrie et au commerce, surnommée « Les Arts'a ». Inscrit dans la section « Tissus et papiers peints », il se lie d’amitié avec les deux seuls élèves intéressés par ce qu’on nommait encore le « 9e art » : Patrick « Pat » Mallet et un certain Jean Giraud. En octobre 1955, il publie sa première bande dessinée, Bill le sheriff, publiée dans Cœurs vaillants.
Mais Mézières rêve d ‘Amérique. Un rêve qu’il devra reporter à la fin de son service militaire. Rendu à la vie civile en janvier 1961, il répond à une petite annonce du quotidien Le Figaro et travaille comme maquettiste puis illustrateur, sur la collection Histoire des civilisations. En 1963, il devient assistant-photographe dans le studio de publicité de Benoît Gillain, l'un des fils de Jijé. En juin 1965, il s'envole enfin pour les Etats-Unis où il voyage avant de revenir à la bande dessinée par intermédiaire de son ami de longue date Christin qui de lui écrire un scénario. Ils réalisent ensemble deux histoires courtes, Le Rhum du Punch et Comment réussir en affaires en se donnant un mal fou !, publiées dans l'hebdomadaire Pilote en mars et juillet 1966 grâce à l'entremise de Jean Giraud.
En septembre 1966, Jean-Claude Mézières rentre en France. Après avoir rencontré René Goscinny et Jean-Michel Charlier, les deux rédacteurs en chef de Pilote, il dessine une troisième histoire écrite par Christin, Le chemin de l'enfer est pavé de bonnes intentions, et un scénario de Fred, le créateur de Philémon. Puis il propose à Pierre Christin d'entamer une collaboration durable avec une série au long cours dont ils seraient les auteurs. Le 9 novembre 1967, dans Pilote,Valérian et Laureline, agents spatio-temporels de Galaxity, entrent en scène avec une aventure de trente planches, Valérian contre les mauvais rêves. La série connaît un immense succès et compte désormais 25 albums traduits dans une vingtaines de langues, et adapté en 2017 au cinéma par Luc Besson.
Parallèlement à sa série phare, Mézières continue de publier d’autre bandes dessinées dans des magazines spécialisés comme Métal Hurlant, Fluide glacial et (A SUIVRE) et des illustrations dans la presse généraliste, des affiches pour des festivals ou des sérigraphies. Jean-Claude Mézières a aussi travaillé pour le cinéma, dessinant des décors et des costumes pour Un dieu rebelle, de Peter Fleischmann, et Le Cinquième Élément de Luc Besson, auquel il a donné l'idée des taxis volants.
Il a été récompensé par de nombreux prix dont le Grand Prix de la ville d'Angoulême en 1984, un Inkpot Award au ComicCon de San Diego en 2006 et le prix Max und Moritz au salon d'Erlangen en 2018.
Le dessin et l'encrage de Mézières, d'une modernité constante, ont influencé leur époque, à commencer par George Lucas, qui a regardé de très près cette création pour réaliser ses Star Wars.
JEAN-CLAUDE MÉZIÈRES VALÉRIAN Le Pays sans étoile (T.3), Dargaud 1972 Planche originale n° 6, prépubliée dans le journal Pilote n° 574 du du 22 octobre 1970 Encre de Chine sur papier 39,4 × 47,5 cm