Enrico Marini, de nationalité italienne, est né en Suisse où durant quatre années il étudiera le graphisme à l'Ecole des Beaux-Arts de Bâle. Son trait est alors influencé par les Comics américains, les Fumetti et le Manga et son admiration se porte sur des auteurs tels que Hermann, Jordi Bernet, Milton Caniff, Alfonso Font, Giraud et Otomo. Sa carrière débute en 1987 au Festival de la Bande Dessinée de Sierre, où il concoure avec les nouveaux talents. Très vite remarqué, il se voit confier sa première série Olivier Varèse sur un scénario de Thierry Smolderen, chez Alpen Publishers. En 1992, Marini et Smolderen changent d'univers et créent Gipsy, un vrai héros de chair et de sang. Marini parcourt ensuite, avec Jean Dufaux, le monde des vampires avec Rapaces dont le premier tome parait en 1998. Avec Stephen Desberg,il concrétise un rêve d'enfant, dessiner un western, et publie le premier tome de L'Etoile du Désert en 1996. De cette rencontre nait également, quatre années plus tard, Le Scorpion, une grande fresque de cape et d'épée. Depuis 2007, Marini, fait revivre l'antiquité avec Les Aigles de Rome. En 2017, il s'attache à un nouveau défi : offrir à Batman sa première aventure sous les crayons d'un auteur de BD franco-belge. Publié chez Dargaud en collaboration avec DC Comics, le diptyque consacré au chevalier noir se clôture en juin 2018.
Entre mythe vampirique revisité et critique de la société contemporaine, la série Rapaces est riche des apports érudits du très cultivé Jean Dufaux. Il mêle ici - et c'est son originalité - les standards du fantastique à la Bram Stocker à une ligne - celle de Enrico Marini - d'une grande clarté, à mille lieues de l'aspect gothique, que l'on confère d'ordinaire aux univers des vampires. L'autre originalité est de raconter, sous couvert d'une lutte des classes entre prédateurs, comment une policière un peu perdue face à l'énormité de ce qu'elle découvre, prend la mesure de la décadence de ce pouvoir occulte, mais aussi de la société qui l'entoure, facilement corruptible, dans un mélange de désir, de brutalité et de sensualité.
Didier Passamonik à propos de la série Rapaces - Extrait du catalogue de vente Daniel Maghen enchère 2025