Formé à l'enseignement plutôt qu'au dessin, René Sterne n'est entré que tardivement en bande dessinée, mais avec une rigueur et une épure qui feront de lui l'un des tenants les plus respectés de la ligne claire, jusqu'à devenir l'un des rares dessinateurs jugés dignes de reprendre le trait d'Edgar P. Jacobs.
Né René Vanpyperzeele le 25 août 1952 à Jemappes, en Belgique, passionné d'histoire et de philosophie, il obtient un régendat en français, histoire et morale à l'École normale de Mons et devient d'abord enseignant. C'est sa rencontre avec la dessinatrice Chantal De Spiegeleer, qui deviendra son épouse et sa coloriste, qui le détourne de cette voie : elle l'accompagne dans un tour du monde et lui apprend à mettre un scénario en images. Il lui faudra deux années de travail acharné avant de livrer un premier récit qui le satisfasse.
En 1985, il prépublie dans le journal Tintin « L'Avion du Nanga », première aventure d'Adler, pilote déserteur de la Luftwaffe réfugié dans le Pacifique. Signée du pseudonyme Sterne en référence à l'oiseau marin, la série s'installe en 1987 aux éditions du Lombard et comptera dix albums, portée par le trait épuré de René Sterne et les couleurs de Chantal De Spiegeleer. En 1992, le couple s'installe définitivement dans l'archipel des Grenadines, aux Caraïbes.
Repéré pour la rigueur de son classicisme, il est choisi par le scénariste Jean Van Hamme pour dessiner un nouvel album de Blake et Mortimer, La Malédiction des trente deniers — un exercice de fidélité au style d'Edgar P. Jacobs qu'il mène avec une méticulosité extrême. La mort le surprend en pleine tâche, le 15 novembre 2006 ; c'est Chantal De Spiegeleer qui achèvera l'album.
Le dessinateur laisse une œuvre reconnue pour son classicisme rigoureux, qui influencera notamment Cosey.