Lambil : 50 ans de succès avec Blutch et Chesterfield
De son vrai nom Willy Lambillotte (né en 1936) entre au bureau de dessin des éditions Dupuis en 1952, à seulement 16 ans, son premier travail consistant à remplacer le lettrage français de Stanley par sa version flamande — une entrée « par la toute petite porte » qui deviendra un cas d'école de la bande dessinée franco-belge.
En 1959, il crée la série Sandy, dessinée dans un registre réaliste, dont il réalisera vingt-cinq grands épisodes. Le tournant décisif survient en 1972 : après le décès du dessinateur Louis Salvérius (Salvé), il reprend Les Tuniques Bleues, série lancée en 1968 par ce dernier et le jeune scénariste Raoul Cauvin. Il se retrouve alors en charge de la destinée graphique de Blutch et Chesterfield, dans un univers — la guerre de Sécession — dont il ignore presque tout, ce qui l'obligera à une documentation minutieuse. Le succès de la série le contraindra à abandonner Sandy. En parallèle, il esquisse en 1973 avec Cauvin, dans la rubrique « Carte Blanche » de Spirou, un personnage parodique et quasi autobiographique : Pauvre Lampil, dessinateur en proie aux affres de la création. La série s'arrêtera en 1995 après sept albums, étouffée par la demande croissante de nouveaux épisodes des Tuniques Bleues.
Sa carrière est marquée par une productivité et une fidélité rares : longtemps l'un des dessinateurs les plus productifs de l'hebdomadaire, il réalisait près d'une centaine de planches par an. Côté distinctions, il obtient le Prix Géant de la BD en 2004 et le Grand Prix Saint-Michel en 2006. Au total, plus de 50 ans de succès et 20 millions d'albums traduits en 15 langues. Le passage de témoin au scénario a redistribué les cartes récemment : Cauvin a écrit les 64 premiers volumes avant de se retirer en 2020, les rênes revenant ensuite à José Luis Munuera puis au duo BeKa. Malgré cette transition, Lambil reprend le crayon et dessine en 2024 le 68e épisode, écrit par Fred Neidhardt, poursuivant l'année suivante avec le 69e opus, Lincoln dans la ligne de mire — à près de 90 ans.
Habitué à un dessin réaliste dans la droite ligne de Jijé, Willy Lambil a dû adapter son style à une narration éloignée de son registre lorsqu'il reprend Les Tuniques bleues en 1974. Loin d'être désarçonné par l'exercice, il adopte un trait envolé et dynamique et dessine « à l'instinct » des scènes hippiques au mouvement saisissant comme en témoigne la couverture de Bronco Benny.
Aucune œuvre n'est disponible pour le moment. Connectez-vous ou créez votre compte pour paramétrer vos alertes et ne manquez plus aucune mise en ligne de vos artistes, séries ou albums préférés !