Michel Blanc-Dumont

Michel Blanc-Dumont

Né en 1948, France

Thèmes :
  • Classiques
  • Western
  • Univers Blueberry
  • Action
  • Policier
  • Aventure
  • Polar
  • Thriller
  • Les incontournables

Le western, corps et âme

Avant même de débuter sa carrière de dessinateur, Michel Blanc-Dumont travaille durant trois années aux côtés de son père, alors meilleur artisan restaurateur de Paris. Couplée à des études en arts appliqués, cette sensibilité à l'image fait naître chez lui l'exigence d'un artisan et une passion du détail qui ne le quitteront jamais. À la même époque grandit chez lui une passion qui deviendra sa signature : l'histoire de l'Ouest américain et la civilisation des Indiens des Plaines, doublée d'un goût pour les chevaux et l'équitation qui fera de lui un cavalier aussi passionné que perfectionniste. Autant dire que le western sera pour lui une véritable culture. 

Ses premières bandes dessinées paraissent en 1973 dans Phénix, puis dans Jeunes Années, où il met en images plusieurs légendes indiennes. L'année suivante aura lieu une rencontre décisive : celle de la scénariste Laurence Harlé, avec qui il crée Jonathan Cartland, prépubliée dans Lucky Luke Magazine puis dans Pilote à partir de 1977. Le duo révolutionne un genre que l'on croyait figé : là où le western se réduisait souvent à ses traditions ou à ses parodies à l'italienne, Blanc-Dumont et Harlé lui rendent une respiration nouvelle, faite de vérité, d'émotion et de lyrisme, avec un goût des décors grandioses et un penchant assumé pour le fantastique. Un travail novateur qui lui vaudra l'Alfred du meilleur album de l'année en 1988 pour le huitième tome de la série, Les Survivants de l'ombre. 

Sa fidélité à Jonathan Cartland est totale mais, en 1995, la série s'arrête à la suite de tensions entre son éditeur et sa scénariste. Entre-temps, il s'était essayé à un autre registre : en 1990, il crée avec Greg la série policière Colby, plongée dans l'Amérique des années 1940. Mais l'Ouest le rattrape par la grande porte : à la demande de Jean Giraud, il reprend le dessin en 1997 avec La Jeunesse de Blueberry, sur des scénarios de François Corteggiani. 

Derrière la minutie du trait, l'homme se voulait avant tout conteur : « Je suis de l'école de Jijé, résumait-il ; nous sommes d'abord des raconteurs d'histoires », le noir et blanc devant selon lui se suffire à lui-même. Maître discret de la bande dessinée réaliste, il aura porté le western « en lui », de ses légendes indiennes de jeunesse jusqu'aux grands espaces de Blueberry , avec la constance d'un artisan et la sensibilité d'un poète. 

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