Laurent Vicomte
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Laurent Vicomte

Né en 1956. Décédé en 2020. France.

Thèmes :
  • Fantastique
  • Historique
  • Thriller
  • Féérie
  • Adaptation littéraire
  • Voyages
  • Documentaire
  • Les classiques

L'orfèvre du réalisme

Laurent Vicomte (né en 1956) publie ses premières œuvres à l’âge de 19 ans dans La Presse de la Manche, avant de rejoindre l'année suivante la rubrique “Carte blanche” du Journal de Spirou. Lorsqu’il monte à en 1977, il croise Jean-Pierre Gourmelen (scénariste de Mac Coy avec Antonio Palacios), puis Jean-Michel Charlier (Blueberry avec Giraud, Tanguy et Laverdure et Barbe-Rouge avec Hubinon), alors rédacteur en chef du Journal de Tintin. Il y crée sa première série personnelle : Édouard et Lucie. Mais c’est sa rencontre avec Pierre Makyo en 1981 qui marquera un véritable tournant dans sa carrière : ensemble, ils imaginent Balade au bout du monde, prépubliée dans les journaux Gomme ! puis Circus avant sa sortie en album chez Glénat. Le panorama de la bande dessinée est alors en plein changement : portée par les magazines Circus et Métal Hurlant, elle se libère du carcan juvénile et propose un style plus réaliste, plus adulte et mature. Le succès est immédiat : gagné par le réalisme du dessin de Vicomte, Balade au bout du monde devient un best-seller des années 1980 avec lus d’un million d’exemplaires vendus. Jacques Chirac, alors maire, remet au duo le Grand Prix de sa ville de Paris en 1982. 

Perfectionniste à l'excès, Vicomte prend ensuite plusieurs années de pause avant de se consacrer, seul, à l'écriture et au dessin de Sasmira, dont le premier tome, L'Appel, paraît en 1997 aux Humanoïdes Associés. Salué comme l'album le plus abouti de sa carrière, il sera couronné dans de nombreux festivals. Installé à Perros-Guirec, où il cofonde avec Régis Loisel et Jean-Charles Kraehn le festival de bande dessinée local, il se retire presque entièrement dans ce seul projet : l'exigence graphique de l'auteur retarde la sortie du second tome, La Fausse Note, jusqu'en 2011, quinze and après le premier volume. Il est sans conteste l’un des albums les plus attendus de l'histoire du 9e Art — au point qu'il doit finalement en confier le dessin à Claude Pelet. Au final, seules 17 planches de l’album seront entièrement réalisées par Laurent Vicomte. Il s’éteint le 9 août 2020 à Paimpol, à l'âge de 64 ans. 

À partir moment où on touche à l’impalpable — l’émotion, le sentiment — à quelque chose de très sensible, il faut véritablement trouver des solutions. C’est une entreprise extrêmement fragile et extrêmement dangereuse. Cela peut très vite devenir vulgaire, raté et incompréhensible. Ce n’est pas simple ! [...] Il arrive souvent que le dessin ne procure aucune solution à un problème défini. Il faut donc trouver tout un tas de petits trucs afin de palier à cette carence. Je m’y essaie sans cesse. C’est comme cela qu’on perd du temps…et qu’on marche sur des œufs ! 

Laurent Vicomte dans une interview accordée à du9, propos recueillis par Propos recueillis par Franck Aveline, publié dans L’Indispensable n°0 de février 1998

Vicomte aux enchères

©Vicomte, Les Humanoïdes Associés

En 2025, la maison de vente Daniel Maghen Enchères établit le record du monde pour une œuvre de Laurent Vicomte.

LAURENT VICOMTE
SASMIRA
L'Appel (T.1), Les Humanoïdes Associés 1997
Planche originale n° 44. Signée.
Encre de Chine et feutre sur papier
37,5 × 50 cm

Adjugée en 2025 : 9239 €

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