Le Génie de la farce
Richard Peyzaret, dit F'murr, s'impose comme l'une des voix les plus singulières de la bande dessinée franco-belge. Formé aux Arts appliqués Duperré puis dans l'atelier de Raymond Poïvet, il croise la route de Mandryka, Gigi et Dimitri avant de débuter dans Pilote en 1971 avec ses Contes à rebours. Lors d’un séjour dans les Alpes, il aperçoit un berger et son troupeau, une image qui fera naître sa plus célèbre série, Le Génie des alpages (1973, Dargaud), reçue par la critique comme « une réjouissante pagaille et un non-sens rigoureusement maîtrisé, absolument uniques dans la bande dessinée ovine contemporaine ». Aucun autre auteur n'aura poussé aussi loin l'absurde pastoral en une série pourtant durable et populaire.
Auteur mouvant, F’murr ne se laisse pas enfermer par le succès de ses albums et œuvre pour Le Canard sauvage, Circus, Fluide glacial et Métal hurlant où il invente Jehanne d'Arc, une relecture picaresque et anachronique du Moyen Âge qu’il poursuivra dans (À Suivre). De cette veine médiévale naîtront Tim Galère, Le Pauvre Chevalier (Alph-Art de l’humour, Angoulême 1991) et Le Char de l'État dérape sur le sentier de la guerre.
Armé d’un esprit potache et maître de l’humour absurde, F’murr allie à merveille la farce et la gravité. Son travail léché aura contribué à dynamiter le carcan de l'école franco-belge et tout en conservant sa liberté créatrice, passant d’un mouvement à l’autre sans jamais appartenir pleinement à l'un
Si je fais ce métier, c’est parce que c’est une activité que je peux exercer sans avoir plein de gens autour de moi, et rêver un peu.
F'murr
Crédits :
©Fmurr (bannière)