Christophe Chabouté

Christophe Chabouté

Né en 1967, France.

Thèmes :
  • Roman graphique
  • Intimiste
  • Marine
  • Adaptation littéraire
  • Les incontournables

Raconter le monde par le silence

Christophe Chabouté exerce une quinzaine d'années dans la publicité avant de se lancer véritablement dans la bande dessinée, alors son « jardin secret ». Son premier album est réalisé pour lui, un album créé pour voir s'il serait capable de tenir une année entière sur un récit. Ce défi personnel réalisé, il le range dans un tiroir et ne revient pas dessus. Ce n'est qu'après avoir envoyé ce récit à un éditeur et reçu une réponse favorable moins de quinze jours plus tard qu'il se décide à tout quitter pour vivre sa passion du 9e Art. Ses premières planches paraissent en 1993 dans un album collectif consacré à Rimbaud chez Vents d'Ouest. La reconnaissance viendra en 1998 avec Sorcières et Quelques jours d'été, chaleureusement salués par la critique. Dès lors, les albums s'enchaînent, presque tous des « one-shots » en noir et blanc : Purgatoire, Landru, Construire un feu (d'après Jack London), Terre-Neuvas, Fables amères… 

En 2008 paraît Tout seul, un album singulier qui pose la marque de Chabouté. Une œuvre aussitôt considérée comme son chef-d'œuvre par la critique. Quatre ans plus tard, il pousse à l'extrême son art du dépouillement visuel avec Un peu de bois et d'acier, un roman graphique muet dont le décor tient en un banc dans un parc, témoin silencieux du défilé des saisons et des âmes qui parcourent son allée. L'émotion y naît de la contemplation, sans un mot, sans un bruit. Une fable d'une immense poésie où le quotidien et les âmes se mettent à nu, sans excès, en toute humanité. 

Son œuvre la plus ambitieuse reste l'adaptation du monument d'Herman Melville, Moby Dick, qui lui vaudra une reconnaissance internationale : en 2018, il est nommé aux Eisner Awards dans la catégorie du meilleur artiste. Il poursuit ensuite avec un second volet des Fables amères (2019) puis, en 2021, Yellow Cab, une adaptation du récit new-yorkais de Benoît Cohen. Créateur solitaire aimant « regarder le monde autrement », il fait ressentir plus qu'il ne raconte, à la manière de Comès, Tardi et Breccia. C'est là toute sa signature : un encrage splendide et une science du contraste mis au service de la narration, celle de vies que l'on ne prend plus le temps d'observer. 

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