André Chéret : père de Rahan, fils des âges farouches
André Chéret est né en 1937 à Paris. Après avoir travaillé pendant quelques temps pour un imprimeur, il fait ses débuts de dessinateur professionnel dans une entreprise réalisant des affiches pour le monde du cinéma. Parallèlement, il commence à publier des illustrations dans plusieurs journaux. Pendant son service militaire, ses talents de dessinateur lui permettent de rejoindre La Revue des Forces Françaises et c’est à cette époque qu’il réalise sa première bande dessinée, Nicéphore Dupont, l’histoire d’un grenadier de Napoléon. De retour à la vie civile, en 1961, il continue son travail d’illustrateur (dans Radar, Paris Jour, Mireille...). Mais c’est vers la bande dessinée qu’il se tourne de plus en plus, signant aussi bien des biographies réalistes pour Cœurs Vaillants, des récits humoristiques pour Fripounet ou des adaptations de romans de Conan Doyle pour Mondial Presse, une agence qui place des bandes dans les quotidiens régionaux. En 1962, il rejoint le journal Vaillant, où il reprend le dessin de la série Bob Mallard. Sept ans plus tard, quand l’hebdomadaire renaît sous le titre Pif Gadget, André Chéret est présent dès le premier numéro avec une série qui changera sa vie à jamais : Rahan. Il n’arrêtera jamais de mettre en images la vie du « Fils Des Âges Farouches », sur des scénarios de Roger puis de Jean-François Lécureux, ce dernier ayant repris le flambeau à la mort de son père. Parallèlement, le dessinateur a illustré plusieurs autres séries : Domino (scénarisé par Greg puis Jean Van Hamme), Michel Brazier (avec Jean-Michel Charlier), Protéo (avec Jean-Gérard Imbar), Ly-Noock (avec Michel Rodrigue) et Le Dernier des Mohegans (avec Pierre-François Mourier). Il a aussi adapté le documentaire de Jacques Malaterre, Le Sacre de L’homme. Il décèdé le 5 mars 2020 à l’âge de 82 ans.
André Chéret est un peu le symbole d'une génération, celle des lecteurs de Pif Gadget, qui s'intéressaient avec passion à ces histoires préhistoriques empreintes de pédagogie. La finesse de l'encrage, le dynamisme de la mise en page, et le ton quelque peu incantatoire des dialogues ont marqué les mémoires.
Didier Pasamonik – Extrait du catalogue de la vente aux enchères Daniel Maghen de novembre 2021